Médiations thérapeutiques

©P.Cusse

Argument

Au siècle dernier, à Ville-Evrard, comme dans d’autres asiles d’aliénés (ou établissements publics de santé) il existait des ateliers thérapeutiques. Ces ateliers étaient fréquentés par des patients hommes ou femmes hospitalisés dans les pavillons non mixtes. Ils étaient diversifiés : ferronnerie, couture, tricot, reliure, épluchage pour la cuisine « de l’asile et de la maison de santé » ou encore travaux agricoles à la ferme de l’hôpital où certains patients étaient logés. Des professionnels, moniteurs, éducateurs, cuisiniers ou ouvriers, travaillaient avec des patients à temps plein. Ces derniers percevaient le « pécule » : petite rémunération en argent et cigarettes P4. Les productions des patients étaient parfois vendues à l’extérieur ou achetées par le personnel. A cette époque étaient-ce des activités occupationnelles, du soin, du thérapeutique, du travail prescrit? La représentation de la fonction soignante a évolué à travers le temps. La notion d’activités thérapeutiques, occupationnelles, à visée socio thérapeutiques est à définir. Les médiateurs n’ont-ils pas aussi évolué et comment ? Ce questionnement a généré un bouleversement de la pensée soignante qui nécessite la réflexion et l’évaluation des pratiques. Par la conduite d’une réflexion sur le sens du soin, le patient passe du statut de malade mental à celui d’un sujet souffrant. Ce bouillonnement de pensée a provoqué l’émergence de nouvelles approches thérapeutiques dont la psychothérapie institutionnelle inventant de nouvelles modalités relationnelles et de prises en charge.

Aujourd’hui quels sont les médiateurs thérapeutiques ? Comment les professionnels les utilisent-ils dans leurs pratiques ? Les ateliers et activités soignent-ils ? Sont-ils une partie, une contribution aux soins ? Est-il nécessaire d’avoir des compétences, du talent pour animer un atelier, et si oui lesquels ? Avoir un support pour amorcer une relation ou utiliser le média fait-il tiers pour instaurer une relation? Que se joue- t-il entre le soignant, le patient dans ce face à face ? Que se joue-t-il encore entre le patient et le groupe ? Qu'en est-il de la dynamique de groupe entre les patients lors d’une activité ? Pourquoi le professionnel choisit-t-il de travailler sur un CATTP ou un HDJ en utilisant des médiateurs thérapeutiques ? La relation transférentielle s’opère-t-elle de la même manière ? Quelle est l’implication du soignant ? Est-elle de nature technique, relationnelle, consciente, inconsciente ? Qu’apportent ces moments partagés au patient, au professionnel ? Ces productions sont-elles des oeuvres d’art ?

Création : 27.10.2014
Mise à jour : 26.02.2015