L'unité ados 93 Montreuil

9 lits d’hospitalisation temps plein pour des jeunes en souffrance

En octobre 2013, toute l’équipe soignante de l’Unité Ados 93 installée au sein du CHI André Grégoire de Montreuil, a quitté un local chaleureux mais exigu pour investir l’aile Est du bâtiment H.  Créée en 2001 l’unité offre désormais 9 lits d’hospitalisation psychiatrique temps plein au lieu de 4, et 1 chambre d’apaisement.

Elle accueille sur prescription d’un médecin (pédopsychiatre de CMP, médecin traitant…) des adolescents de plus ou moins 12 à 16 ans souffrant de troubles psychiques ou du comportement : dépression, phobie scolaire, angoisse de la séparation, addiction, maltraitance familiale, trouble envahissant du développement (autisme, syndrome d’Asperger…). 

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« Le séjour dans l’unité éloigne temporairement ces jeunes de leur environnement familial et social. Il leur aménage un temps de pause afin d’affiner une évaluation diagnostique, de commencer un travail thérapeutique et d’élaborer un projet individualisé de soins sur le long terme. Dès l’admission d’un Ado dans l’Unité, nous préparons sa sortie en collaboration avec sa famille ou l‘Aide sociale à l’enfance » explique le Dr Teboul, responsable de l’Unité.

Un espace d’apaisement, d’écoute et de soins

L’entrée dans le bâtiment de plain-pied se fait par un petit jardinet. Un baby-foot et des canapés colorés accueillent le visiteur. L’espace est vaste et gai. Des peintures, des dessins, des maximes écrites au crayon de couleur ornent les murs et les portes. Les nombreuses installations sont confortables et fonctionnelles : chambres individuelles avec douche et toilettes, salle d’activités psychomotrices et salle de réunion lumineuses, vaste cuisine thérapeutique, salle d’ordinateur avec accès à You Tube, buanderie, salle de télévision, bureaux, salle de soins thérapeutiques, salle à manger commune, salle de soins esthétiques…

Les 5 adolescents hospitalisés, 4 filles et 1 garçon de 11,5 à 14 ans, seront bientôt rejoints par 2 autres patients. Ils circulent librement. Certains, curieux de découvrir le visiteur viennent à sa rencontre, d’autres sont absorbés par l’atelier photo du jeudi matin. Ils sont encadrés jour et nuit par une équipe de 25 professionnels passionnés : 3 médecins psychiatres, 1 cadre infirmier, 13 infirmières, 2 aides médico-psychologique, 2 éducateurs spécialisés, 2 aides-soignantes, 1 assistante sociale, 1 secrétaire.

C’est Roger Tedi, cadre infirmier qui, sous la responsabilité du Dr Teboul, anime l’équipe soignante avec un grand souci de management participatif. « Je pars du principe que plus mes collaborateurs ont plaisir à venir travailler, mieux ils gèrent la prise en charge des Ados » analyse-t-il.

La concertation interne est forte et la collaboration institutionnelle dense pour garantir l’efficacité optimale des soins thérapeutiques. Les équipes de nuit, du matin et de l’après-midi se passent le relais lors de deux réunions de staff quotidiennes. Elles bénéficient du regard extérieur d’un superviseur, une fois par mois, et d’un psychologue qui, tous les mardis, vient les aider à réguler le fonctionnement interne de l’équipe. 

Quant aux Ados, ils ont deux entretiens individuels par semaine avec un médecin psychiatre et plusieurs entretiens infirmiers informels pour mettre en mots leur souffrance.

Libérer sa parole, retrouver l’estime de soi, se réapproprier son corps

La prise en charge quotidienne de ces jeunes s’organise autour d’activités thérapeutiques, sportives, ergothérapiques, pédagogiques, de jeux et de loisirs. Objectifs : faciliter la relation à l’autre, aider à mettre des mots sur des émotions, développer l’autonomie et l’estime de soi. Tout le monde se retrouve à 8h30 pour un petit-déjeuner en commun puis toilette et soins le cas échéant. Après la réunion de staff, les infirmiers et les éducateurs proposent divers ateliers : arts plastiques, écriture, cuisine des pays du monde, piscine, escalade. Une fois par semaine, un photographe et une comédienne professionnels animent chacun un atelier tandis qu’un professeur de mathématiques dispense des cours individuels à ces collégiens en rupture scolaire.

Le repas collectif pris à 12h30, est l’occasion de s’initier aux tâches de la vie quotidienne : dresser la table, la débarrasser et la nettoyer. Les jeunes apprennent aussi à établir une liste de courses, choisir des produits dans un supermarché, laver leur linge dans la machine à laver de la buanderie. L’après-midi est consacrée aux visites de la famille, aux contacts téléphoniques et à des activités non planifiées. Après le goûter, les Ados sont autorisés à surfer sur internet ou regarder la télévision jusqu’au diner. Ensuite, l’équipe de nuit prépare le moment du coucher avec du lait chaud, des lectures, des entretiens.

Le week-end, certains ados rentrent chez eux pour 24h00 ou 48h00, mais jamais durant la première semaine d’hospitalisation. Pour les autres, c’est détente avec une sortie : au cinéma, au théâtre ou même à la mer. C’est aussi le temps du bien-être grâce aux ressources de la salle de soins esthétiques : bain parfumé, soins du visage, maquillage, manucure…

Même si leur emploi est cadré, les Ados peuvent le faire bouger : ils n’ont qu’à exprimer leurs envies dans la « boîte à idées » toujours à leur disposition. Leurs suggestions sont lues et discutées lors de la réunion soignés/soignants du mercredi. 

Créer du lien entre les professionnels et les familles pour assurer la continuité des soins

Cette liberté encadrée est une spécificité du service. Elle fait du soigné comme du soignant de véritables acteurs du projet thérapeutique. Elisabeth Levaire jeune infirmière en poste depuis 3 ans au sein de l’unité le souligne : « j’ai carte blanche pour organiser, à l’intérieur d’un cadre défini, les activités et les médiations thérapeutiques en fonction du désir et de la demande du patient. J’apprécie cette latitude qui me permet d’être partie prenante du projet thérapeutique. Le dispositif de thérapie institutionnel est également très intéressant ».

En effet, l’unité du Dr Teboul s’investit beaucoup pour tisser du lien avec l’ensemble du dispositif institutionnel qui garantira, au terme de l’hospitalisation, la continuité et la cohérence de la prise en charge thérapeutique de l’adolescent.

Tous les jeudis, l’équipe soignante fait une synthèse clinique sur le cas de chaque patient hospitalisé et prépare sa sortie en présence des différents partenaires : Centre Médico-Psychologique (CMP), Institut Médico-Educatif Jean Macé, Aide sociale à l’enfance (ASE).

Aucun départ ne se fait sans qu’un rendez-vous n’ait été fixé avec le CMP. Des contacts sont également pris avec les collèges pour favoriser la re-scolarisation de l’Ado. Bien entendu, les parents sont étroitement associés au projet thérapeutique à travers des entretiens familiaux hebdomadaires.

Quand, au bout de 3 à 8 semaines d’hospitalisation, un Ado quitte l’unité pour rejoindre sa famille ou bien une structure ou une famille d’accueil, c’est sous les applaudissements parce qu’il va mieux. Ses camarades et toute l’équipe soignante lui font une haie d’honneur. Un moment de vive émotion !

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Contributions

Catherine Fressoz 2014
Vidéo : cineplume, octobre 2014
Photos : Pierre Marsan, 2014

Création : 21.10.2014
Mise à jour : 25.02.2015

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