Du deuil de soi à l’idéal en apothéose

Préambule

Le titre que j’ai choisi, à l’invitation de Fethi Benslama, met l’accent sur les processus psycho-dynamiques et non sur le repérage illusoire d’une typologie de « personnalité terroriste ». Plutôt que la référence une somme de traits, j’insisterai sur l’enchaînement d’un certain nombre de processus. En dépit de ressemblances, ces personnalités appartiennent à une gamme diversifiée. 

Mais je crois qu’il convient d’insister d’emblée sur les risques d’un réductionnisme psychologique ou psychiatrique ridicule. Chacun sent bien que cette question soulève des enjeux politiques majeurs, voire un risque de guerre embrasant la planète. En paraphrasant Georges Politzer [1], ne demandons pas à la psychiatrie d’éclairer l’histoire mais à l’histoire de situer la place de la psychiatrie. Le psychiatre a sans doute alors quelque chose d’essentiel à dire, s’il reste dans son rôle, notamment pour rendre compte des processus psychiques qui facilitent et renforcent la radicalisation et pour tenter d’entrevoir ce qui pourrait permettre de faire le chemin à l’envers, au moins pour quelques-uns d’entre eux. Là encore, l’enjeu est de taille. 

Si l’immense majorité de ces sujets ne relève pas de la psychose délirante et de l’irresponsabilité pénale, notons tout de même que quelques schizophrènes s’emparent de l’air du temps et colorent leur délire mystique, voire leur passage à l’acte criminel, de références djihadistes. Peut-être sont-ils d’ailleurs les seuls « loups solitaires ». Encore une fois, l’immense majorité d’entre eux peuvent présenter une vulnérabilité, des troubles de la personnalité, un malaise identitaire, mais en dehors de toute maladie mentale aliénante. Leur engagement n’a rien de délirant. Plus ils seront fragiles et imprévisibles, moins ils seront repérables. 

En dehors de quelques très rares cas, la question de l’irresponsabilité pénale ne se pose pas. Je rappellerai, à propos d’Anders Behring Breivik, que la querelle d’experts norvégiens était liée à la loi de ce pays qui stipule que la mise en évidence d’une psychose au temps de l’action, légitime que l’on considère le sujet comme irresponsable pénalement. On lira à son sujet les développements précieux de Patricia Cotti [2].

I. Quelques références et modèles.

La connaissance d’autres phénomènes criminels peut nous éclairer sur les mécanismes psychiques impliqués dans l’action terroriste, à condition de ne pas tomber dans le piège des confusions. Aucun n’est susceptible à lui seul d’apporter un éclairage décisif. Mais aucun n’est totalement étranger au modèle complexe que je vais esquisser

Les idéalistes passionnés.

Maurice Dide (1873 - 1944) a écrit en 1913 un ouvrage demeuré fameux : « Les idéalistes passionnés » [3]. Il y compare des cas cliniques et des biographies d’hommes célèbres tel Torquemada, Charlotte Corday ou Gabriele d’Annunzio. Il décrit des états passionnels durables où la logique affective s’affirme en des expressions jaillies de l’inconscient et admises comme des vérités révélées. Une implacable logique affective conduit au crime. Les thèmes de mysticisme, de réforme religieuse ou d’anarchisme polarisent la conscience et les amènent à tout sacrifier à leurs idéaux et à leurs convictions. Il est impossible de ne pas s’y référer face à un terroriste à forte polarité paranoïaque.

Les magnicides

Ceux qui tuent des personnalités ou des hommes politiques sont généralement mus par la recherche de célébrité et par un extrême ressentiment. Luigi Lucheni, assassin de Sissi impératrice à Genève le 10 septembre 1898, l’avait résumé en peu de mots : «Je voulais venger ma vie» [4]. 

Entre l’émergence de l’idée criminelle et sa mise en acte, le cas du jeune homme qui avait tenté de tuer Jacques Chirac, illustre la temporalité de ce processus qui consiste à anticiper et prévenir toutes les défaillances possibles susceptibles de faire échouer l’objectif criminel. Si cette maturation n’a duré que deux mois, elle témoigne d’un cheminement, étape par étape. Première pensée de suicide à la mi-mai. 

  • Représentation d’une mort apothéotique, associée à la fête du 14 juillet : « J’ai tout raté dans ma vie. Je rentrerai dans l’histoire ».
  • Soulagement de la prise de décision et fin des déchirements internes, de l’irrésolution. 
  • Attaque méthodique de tous les gardes fous matériels attachant à la vie, afin que le « point de non-retour » soit franchi. Plutôt économe, il dépense tout ce qu’il avait mis de côté, se montre généreux avec ses amis, vide ses comptes, se met dans la situation où il ne peut plus revenir en arrière. 
  • Achat de l’arme le 06 juillet. 
  • Entraînement au maniement des armes avec son ami légionnaire, sans lui en révéler la raison.
  • Mise en acte de son projet le 14 juillet 2002.

Entre l’émergence de l’idée initiale sur fond de crise et sa réalisation, il faut le temps d’une maturation psychique impliquant le renoncement au passé, qui est aussi un soulagement, et la visée de la mort, qui est aussi une jouissance.

Les tueurs de masse.

La lecture des derniers écrits de tueurs de masse rassemblés dans un ouvrage («Logique du massacre») [5], est à la fois litanique, lancinante et à la limite du supportable : quelle que soit la diversité des personnalités, il s’en dégage une extraordinaire stéréotypie. L’acte résulte à la fois du désespoir et de la haine. Il a pour fonction de transformer « une vie réduite à rien » en une mort en apothéose, entraînant le plus de monde possible dans la chute ; d’achever une existence anonyme par une fin qui laissera sa marque dans l’histoire. Mais il n’y a généralement pas de justification idéologique ou religieuse. Le caractère grandiose de l’acte relève seulement du nombre de victimes et du retentissement attendu. Ils témoignent d’une même voix de leur solitude, leur isolement, leur vécu d’infériorité, leur « vie de merde », ainsi que du désintérêt des filles pour eux, comme de la vacuité de leur existence. Richard Dürn : «Je n’ai pas vécu, je n’ai jamais su apprendre à m’aimer un peu… Je ne veux plus être soumis… pourquoi devrais je me détruire et souffrir seul comme un con. Même si on me maudira, si on me prendra pour un monstre, je ne me sentirai plus floué et humilié».

«Le devenir monstre»

Le devoir de tout clinicien est de déconstruire cette image trop facile du monstre qui surgit devant chaque fait divers ou crime qui émeut l’opinion publique. Les mécanismes en sont terriblement humains et il nous faut le répéter inlassablement. Mais si cette figure de rhétorique du monstre est si insistante, c’est aussi parce qu’elle qualifie un processus repérable cliniquement chez certains criminels qui revendiquent cette monstruosité. Ils nous font osciller entre un au-delà et un en deçà de la condition humaine, pour eux-mêmes et pour leur victime. Ils désavouent leur propre humanité et assument progressivement leur différence radicale, au détriment de ceux qui sont réduits au statut de rebuts [6].

Le cas de Julien, tueur en série à polarité dominante psychotique, illustre ce processus. Julien a tué plusieurs chiens du quartier puis il s’en est pris à son propre chat qu’il adorait. Il lui a arraché les entrailles qu’il a mises dans une boule de verre. Quand il sentait ses « forces démoniaques » défaillir, c’est-à-dire quand il pressentait le risque de basculer vers le « Bien », le risque de se ré-humaniser un tant soit peu, il se précipitait vers sa mixture et en humait l’odeur, comme pour se ragaillardir. Dès qu’il avait l’impression de devenir « comme les autres », il courrait vers l’église et crachait sur le crucifix. Lorsque par mes questions je le renvoyais à des sentiments qu’il aurait éprouvés, il réagissait par le dépit : « Vous êtes bien comme les autres, vous n’y comprenez rien ». Il se livrait à une sorte de travail d’endurcissement. Il éradiquait en lui tout germe d’humanité, il se débarrassait de tous ces conflits qui nous encombrent. 

Les tueurs en série

Dans le modèle que j’ai esquissé par ailleurs [7], j’ai insisté sur le fait que l’indifférence primait sur la haine ; sur la chosification des victimes ; sur le rapport d’exaltation à soi et de réification de l’autre, dans ce que j’ai nommé orgie narcissique. 

J’ai également insisté sur les risques de confusion avec le sadisme, au sens psychanalytique : ici le sujet ne jouit pas de la souffrance de ses victimes, mais de sa propre indifférence à leur souffrance. Il tire sa jouissance de sortir de toutes ces émotions qui encombrent la plupart des humains et qui font notre humanité. Bien en-deçà du sadisme, leur cruauté s’exerce sans limite.

En dernière analyse, il y a toujours un rapport entre un « über-mensch » à un « unter-mensch », par une identification démiurgique. Le sujet s’est extrait de la condition humaine et ses victimes en ont été chassées. Je rejoins ce qu’a écrit Fethi Benslama sur le Sur-Musulman[8].

Les génocidaires

Chez les génocidaires, hommes ordinaires, il n’y a pas de toute puissance. Le sujet met sa déshumanisation au service de la cause commune, au nom d’un monde purifié, débarrassé de ceux qui le polluent. Le mal partagé devient un bien collectif [9]

Je voudrais seulement insister ici sur l’importance du clivage fonctionnel. Il facilite la commission des crimes. Il s’agit d’un mécanisme transitoire et réversible, qui coupe toute association entre leurs propres valeurs antérieures, leur histoire personnelle et les victimes. La force de ce mécanisme stupéfie l’opinion publique. Après l’acte terroriste, c’est l’avocat qui sera interrogé et qui dira que c’était un petit délinquant comme il en a connu tant d’autres ; c’est l’éducateur qui affirmera s’en souvenir à peine, tant il ne se dégage pas du lot de ces mineurs dont il a eu à s’occuper ; c’est le voisin qui insistera sur sa politesse et sa discrétion. Comment comprendre qu’un homme mange tranquillement un sandwich de dinde peu avant de mourir ?

Il ne faut pas confondre la mise en place de tels mécanismes psychiques avec une simple duplicité. Ils ne trompent pas leur monde vingt-quatre heures sur vingt-quatre. D’une part, ils continuent la suite des gestes quotidiens et d’autre part, ils poursuivent la préparation de leur projet criminel. « Si la Taqiyya » est au départ l’art guerrier de la dissimulation, progressivement des registres psychiques hermétiquement séparés vont se mettre en place. 

L’emprise sectaire

J’ai décrit en termes « d’abus de transfert » la relation qui s’instaurait entre certains gourous de secte et leurs adeptes, mais aussi entre certains escrocs et leurs victimes, certains thérapeutes dévoyés et leurs patients[10]. Il serait sans doute réducteur et abusif de limiter à ce modèle la relation du radicalisateur au radicalisé. Mais il convient toutefois de noter que ces guides ont une habilité toute particulière à saisir les failles et les attentes. Ils ont les coachs de cette transformation de l’idéal blessé en idéal de haine, pour reprendre l’heureuse formulation de Fethi Benslama. 

II. Les djihadistes, une approche psycho-dynamique

À partir de l’articulation de certaines caractéristiques de chacun de ces modèles, j’apporte ici un éclairage général. Il ne s’agit pas d’un « profil type », mais d’une suite de conditions psychiques, chacune nécessaire mais non suffisante à l’ensemble. C’est une longue chaîne de processus qui rend compte de la construction d’un destin terroriste et non la simple rencontre d’une prédisposition et d’une occasion.

Les personnalités de base sont diversifiées. On avait décrit chez les terroristes du 11 septembre la prévalence de jeunes hommes ayant accompli des études supérieures scientifiques [11]. On observerait plutôt dans la mouvance djihadiste en France des petits voyous plus fragiles, plus imprévisibles et moins repérables [12]. « Leur vie d’avant », c’est l’échec existentiel, le ressentiment, la blessure d’idéal, le désespoir, l’impasse, la vacuité de sens, la crise identitaire. Dans une visée d’un retour présumé aux fondements identitaires, c’est l’attraction de l’héroïsme romantique. Aussi choquant que cela puisse nous sembler, le départ pour le djihâd c’est un peu pour eux ce qu’étaient les brigades internationales pendant la guerre d’Espagne.

C’est cette « vie d’avant » qui va être sacrifiée, reléguée à un passé révolu marqué d’opprobre. J’étais une « pute », dira la jeune femme ; j’étais un impie dira le jeune homme. 

La rencontre avec le sens, le partage d’objectif et d’idéal, le grandiose héroïque, sera corrélatif de la soumission à un destin collectif et de l’abandon de toute visée individuelle. C’est l’eurêka terroriste. À partir de là, le converti a sa propre religion jusque-là ignorée, va ordonner et reconstruire le passé et l’avenir au seul prisme de sa conviction centrée sur l’Islam, comme utopie totalitaire. 

Cet eurêka signe le début d’un long processus de mutation psychique. Cette mutation se fera sous l’égide d’un guide extérieur. Qu’on l’appelle recruteur, radicalisateur, émir, mentor, grand frère, référent, ce coach de l’horreur va le soutenir dans son cheminement.

Le futur terroriste va devenir, selon les termes  du juge Trevidic [13], « le pire cocktail qui soit, un mélange de stratégie et d’irrationnel, de sang-froid et de haine ».

Ce long processus de mutation psychique implique d’abord l’efficience d’un clivage fonctionnel, à partir de l’art de la dissimulation (takiyya). Au fur et à mesure, les besoins et désirs de la vie quotidienne vont obéir à des automatismes. Il est déjà « ailleurs ». 

On observe un désarrimage vis-à-vis des valeurs antérieures désormais perçues comme « des non-valeurs ». C’est un véritable deuil de soi qui s’instaure. Le travail de déshumanisation, d’endurcissement, de chosification des cibles, d’inversion perverse des valeurs, y contribue. « Ils ont transformé mon fils en monstre », déclarait récemment la mère de l’un d’entre eux. Plus il sera regardé comme cruel de façon inhumaine, plus sera renforcée sa conviction d’accomplir sa mission. L’horreur qu’il provoque le raffermit. La cruauté extrême est la marque de la toute-puissance de la cause divine qu’il sert et la preuve de l’insignifiance de ses victimes.

Là où le tueur de masse relie le désespoir, la haine et la mégalomanie, pour leur donner un sens privé, le djihadiste donne de surcroît une justification religieuse partagée. C’est sa mort qui donnera après coup à sa vie le sublime qui lui faisait défaut.  La mort n’est plus un sacrifice à une cause, mais la visée du désir. Au fur et à mesure de ce processus de maturation terroriste, le sujet est déjà là où son destin le porte. Pour avoir peur de mourir, il faut se sentir vivant. Il ne l’est plus. 

III. Une dé-radicalisation est-elle possible ?

Comment faire avec ceux qui reviennent ? On distinguera avec monsieur de La Palice ceux qui pourraient se plier à la commande sociale, sans rien céder de leur radicalisme, pour lesquels tout accompagnement est illusoire ; ceux qui ont entamé leur propre cheminement douloureux et ceux qui sont traversés par le doute ou le conflit. Pour eux, on peut concevoir une évaluation pluridisciplinaire, après sollicitation par l’autorité compétente, sur la base du volontariat, même si la dialectique de la carotte et du bâton est inévitable. 

L’indication qui pourrait en résulter ne serait ni obligation ni injonction, mais « offre » d’accompagnement psychique, d’étayage psychologique. . Il faut prêter la plus grande attention aux mots et ne pas évoquer de « traitement » pour des sujets qui ne sont pas malades ou qui sont « demandeurs » dans un contexte contraint. 

Ayant eu l’occasion d’échanger avec une thérapeute en milieu carcéral ayant demandé aux participants de son groupe ce qu’ils en attendaient, j’ai constaté qu’ils exprimaient l’essentiel des enjeux : « De me retrouver moi-même... de connaître qui je suis… de ne pas trahir ma religion… d’aimer la vie et plus seulement la mort… »

Ainsi il s‘agirait de suivre le sujet dans son propre cheminement, de le relancer dans ses processus psychiques, de la solution radicale à la reconflictualisation psychique ; de la vie d’avant à une vie après le djihâd ; de la jubilation mortifère au réinvestissement affectivo-émotionnel ; de la jouissance élationnelle au plaisir corporel restauré ; de la perversité chosifiante au retour de l’autre dans le champ des investissements ; de la perte d’autonomie dans le groupe à l’individuation retrouvée. Autrement dit, il s’agirait de permettre le libre jeu d’un retour à la conflictualisation psychique et à l’abandon des idéaux mortifères

Si le « soignant » ne porte aucun jugement de valeur, il est résolument du côté de la vie psychique et de la part du sujet qui tente de la réinvestir. 

S’il ne s’agit pas d’une thérapie, un tel accompagnement nécessite un thérapeute aguerri. L’horreur des actes commis, la nature des convictions idéologiques, la proximité de la perversité et l’importante du clivage ouvrent un champ de contre-attitudes borné par l’ingénuité d’une part, l’absence totale d’illusion d’autre part. Il conviendra d’accepter que le sujet se soit engagé un jour dans un combat qu’il pensait juste, et qu’il en ait des restes. À distance de toute banalisation, il s’agira d’effectuer un travail de dé-sidération. 

Comme d’autres l’ont dit au cours de ce colloque, il faudra déradicaliser la représentation du sujet face à nous et dissocier ce qui relève du géopolitique et du psychique.

 

Bibliographie

[1] Georges Politzer : Critique des fondements de la psychologie (1928), Paris, PUF, 2003.

[2] Patricia Cotti : « On the path of election and martyrdom : some psychic mechanisms involved in the Anders Behring Breiviks determination as a terrorist. ». Psychoanalytic Review. August 2015.

[3] Maurice Dide : Les idéalistes passionnés (1913), Paris, Frison Roche, 2006.

[4] Louis Lucheni : Mémoires de l’assassin de Sissi. Paris, Cherche Midi, 1998.

[5] La logique du massacre - derniers écrits des tueurs de masse, Paris, Inculte documents, 2010.

[6] Daniel Zagury : « Devenir monstre - un destin de la perversité », in Crime et folie, Gallimard, 2011.

[7] Daniel Zagury : « Les serial killers sont-ils des tueurs sadiques ? », Revue Française de Psychanalyse, 2002/4.

[8] Fethi Benslama : La guerre des subjectivités en Islam, Paris, Éditions Lignes, 2014.

[9] Daniel Zagury : « Les génocidaires, des hommes ordinaires », Le Monde, Idées, 8 avril 2014.

[10] Daniel Zagury : Approche psycho-dynamique de l’emprise mentale, Colloque de la Miviludes, 2014.

[11] Marc Sageman : Le vrai visage des terroristes, Paris, Denoël, 2005.

[12] Farhad Khosrokhavar : Radicalisation, Éditions de la maison des sciences de l’homme, novembre 2014.

[13] Marc Trevidic : Terroristes, Paris, J.C. Lattes, 2013.

Communication du Dr Daniel Zagury 
Colloque 
Décembre 2015 

Création : 08.12.2015
Mise à jour : 10.03.2016

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