Le centre Ados de Bondy (CATTP)

Créé en 2005 par le secteur de psychiatrie infanto-juvénile 93 I05  le centre d’activité thérapeutique à temps partiel (CATTP) de Bondy  accueille des adolescents de 12 à 18 ans en provenance des communes du Sud-Est du département pour  des troubles du comportement alimentaire (boulimie, anorexie), des troubles de la personnalité, combinés parfois avec  de l’isolement et  de l’exclusion scolaire. En 10 ans, l’équipe a peaufiné ses modalités de prise en charge et les outils de médiation thérapeutique proposés.  Elle  a également tissé des liens avec les partenaires  du monde de la santé  et de l’éducation nationale.  


Reportage réalisé auprès des professionnels : médecin, psychologue, éducateur, cadre infirmier. 

 

 

 

Transcription pour les malentendants

Virginie Dillais - Psychologue

C'est un adolescent qui renvoyait les adultes à beaucoup d'agressivité, il était exclu scolairement, il attaquait beaucoup les autres, beaucoup les adultes, il se mettait comme ça dans une situation d'exclusion. Donc nous, on l'a reçu ici dans un cadre où l'école n'en voulait plus, et il a pu ici au travers des groupes et notamment au travers du théâtre mettre des mots sur ce qu'il ne pouvait pas exprimer dans son cercle scolaire et dans sa famille


Pedro Santos Serra  - Pédopsychiatre

Les adolescents qui arrivent ici ont souvent des grandes difficultés d'inclusion dans un collectif humain. Ils sont souvent assez seuls, pris dans leurs jeux vidéo, leur télévision, leur téléphone portable et les rapports se limaient à des considérations assez courtes et peu construites sur le plan du langage et de la richesse même relationnelle. Donc les outils thérapeutiques que nous mettons en place sont des outils qui, en général plaisent aux adolescents, certaines formes de jeux, certaines activités, créatives en particulier, mais qui n'ont pas pour objectifs de développer les aptitudes de l'adolescent par rapport à ces activités. L'objectif de la médiation est de favoriser la constitution d'un groupe et la circulation de la parole.


Morgan le Norcy - Éducatrice

On a différentes sortes d'ateliers, ceux qui sont au sein du lieu, beaucoup autour des activités de table comme les arts plastiques, on a un art-plasticien qui vient nous aider à travailler. On a beaucoup de groupes autour du dessin, des jeux de sociétés également et à l'extérieur on a le groupe cheval, on va à La Courneuve tous les mardis, on a également un groupe jardin à Montreuil et un groupe théâtre que l'on pratique également à l'extérieur.


Pedro Santos Serra  - Pédopsychiatre

Le groupe est un facilitateur de l'expression de ces adolescents parce qu'ils peuvent s'adresser à un partenaire, un père, un soignant, un adulte, il peut choisir son interlocuteur, il peut parler de lui comme il peut parler du voisin, tout en se soignant. C'est autrement plus facile que la psychothérapie individuelle pour certains adolescents qui ont un accès au langage beaucoup plus difficile.


Béatrice Laligue - Cadre de santé

Les adolescents peuvent être adressés par différents biais, cela peut être l'éducation nationale, c'est aussi dans une grande majorité les CMP Enfants, qui suivaient déjà ces adolescents dans la petite enfance et qui adressent pour un suivi au CATTP les adolescents nécessitant un suivi à cet âge, un petit peu difficile de la vie.


Pedro Santos Serra  - Pédopsychiatre

On rencontre toutes sortes de pathologie, les troubles du comportement alimentaire, l'anorexie, la boulimie par exemple, il y a une catégorie assez large et mal définie de troubles de la personnalité avec en particulier beaucoup de troubles du comportement et quelques cas plus sévères de la personnalité pour certain évoluant depuis la période de l'enfance que nous accueillons ici aussi . On essaie de constituer des groupes où il est possible, selon nos estimations, qu'il y ai une cohabitation de différentes personnes. Donc les critères principaux ne sont ni l'âge ni la pathologie mais la possibilité de cohabitation et de construction de quelque chose ensemble.


Morgan le Norcy - Éducatrice

Tous les jeunes qui viennent ont pris la décision de venir, il ne comprennent pas toujours pourquoi , en tout cas ils ont envie de venir et de participer au groupe . Nous on leur dit souvent que tout ce qui compte c'est qu'ils soient présents, ils ont le droit de ne pas faire, donc si l'activité qu'on pratique ne leur va  pas ou s'il il y a un jour où c'est compliqué pour eux, ils ont droit de ne pas faire.


Virginie Dillais - Psychologue 

Les adolescents ont plusieurs espaces ici. Ils sont vus individuellement par le médecin qui a fait leur admission, ils sont vus en groupe par des éducateurs , des infirmières ou la psychologue, je peux être aussi autour , donc voilà, ils ont des sphères un petit peu différentes  et puis on les reçoit à d'autres moments avec les parents où là on va parler des choses du quotidien, etc… Mais ce qui est fait avec eux dans les groupes est préservé, ce sont vraiment leurs espaces privées et là où on ne communique pas avec les parents sur ce qui est fait au sein des groupes thérapeutiques.


Pedro Santos Serra  - Pédopsychiatre

Dans notre règlement intérieur qui est très court il y a indiqué simplement que les adolescents n'ont pas le droit de casser le matériel , de s'agresser ou de se toucher beaucoup trop, après les mots qui sont dits , la présence à l'intérieur de la salle ou dans la salle d'attente ou dans le couloir , tout ça est travaillé et discuté avec eux . Si il y a une spécificité du travail que nous faisons avec les adolescents, je pense qu'on ressemble mais à d'autres équipes, c'est la patience, la tolérance mais aussi une certaine fermeté, une certaine détermination.

Contributions

Vidéo : Cinéplume pour l’EPS de Ville-Evrard, mars 2015,
interviews du docteur Pedro Santos Serra et de mesdames Virginie Dillais, psychologue, Béatrice Laligue, cadre de santé
Texte : Jocelyne Chatron, EPS - Ville-Evrard

 

 

Création : 04.11.2015
Mise à jour : 17.02.2016

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