Les consultations enfants à Noisy-le-Grand

Le centre médico-psychologique enfants de Noisy-le-Grand, est un des 7 CMP du secteur 93 I05 qui dessert le Sud-Est du département. Son équipe s’est mobilisée avec succès sur une politique d’accès rapide aux soins et de réduction de la file d’attente. Le CMP a par ailleurs une spécificité : depuis 15 ans, il  propose une prise en charge des enfants dit précoces, surdoués ou encore « à haut potentiel». 

Hébergé dans une grande maison blanche un peu en retrait de la rue Médéric, le CMP de Noisy-le-Grand ressemble davantage à une école qu’à un centre de soins de pédopsychiatrie. Il partage sur quatre niveaux des locaux clairs, joyeux et accueillants avec le centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP). La plupart des bureaux de consultation, salles de soins et de thérapie de groupe donnent sur le cadre apaisant d’un grand jardin à la végétation luxuriante. 

  • [Photo 1 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 2 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 3 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 4 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 5 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 6 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 7 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 8 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 9 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 10 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 11 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 12 sur 13]
    ©J. Alvarez
  • [Photo 13 sur 13]
    ©J. Alvarez


Un entretien d’évaluation dans les 2 ou 3 mois 

En l’absence de centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), de centre médical de santé et de pédopsychiatre libéral sur la ville, le CMP concentre toutes les demandes de consultation d’enfants orientés par des psychologues scolaires ou privés. Leur nombre est bien supérieur aux capacités de prise en charge du CMP pourtant élevées. Avec une file active de plus de 700 patients, le CMP est l’un des 3 plus importants du pôle 93 I05. Pour réduire la file [1] d’attente et repérer les besoins urgents, l’équipe du CMP traite systématiquement toute demande d’entretien d’évaluation dans un délai maximum de 3 mois. « En pédopsychiatrie, l’évaluation téléphonique est compliquée car des situations graves peuvent nous être présentées de façon anecdotique et inversement. Or la temporalité de l’enfant est très rapide : à 2 ans et demi l’enfant n’est plus le même qu’à 2 ans. Plus la prise en charge est précoce, plus nous pouvons être efficaces. Cela est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit d’un enfant à haut potentiel ou d’un jeune autiste » explique le Dr Anne Menvielle, pédopsychiatre responsable du CMP.

Distinguer les besoins curatifs des réponses préventives

Cette politique de gestion de la file d’attente permet de repérer les besoins urgents, de réguler les prises en charge et de faire de la prévention : « à l’issue de l’entretien d’évaluation, soit nous prenons le patient en charge immédiatement, soit nous le mettons en liste d’attente, soit nous le réorientons. Il arrive régulièrement que nous ne soyons pas dans la pathologie grave, mais dans la prévention. Une heure d’entretien suffit alors à guider les parents et à leur redonner confiance » ajoute le Dr Menvielle. La fréquence des prises en charge est extrêmement diversifiée : 3 rendez-vous par semaine pour différents soins (entretien, relaxation, orthophonie…), 1 entretien par mois, 1 par trimestre, 1 par an… La durée des suivis est tout aussi variable.

Psychothérapie brève et interaction familiale

« L’enfant est au centre. C’est lui qui nous guide pour décider du format du suivi : individuel, en famille ou en groupe » prévient Sabine Duflo, psychologue clinicienne et thérapeute familiale qui travaille depuis de nombreuses années au CMP. L’animation de groupes constitue un volet important de la prise en charge dans la mesure où le CMP de Noisy-le-Grand est, en France, l’une des seules unités publiques expertes dans le suivi des enfants à haut potentiel. « Ces enfants précoces ont souvent des difficultés à aller vers les autres et à se sociabiliser. Nous leur apprenons à vivre des expériences positives au sein d’un petit groupe, à être bien ensemble » précise Sabine Duflo. En général le CMP anime chaque année 3 groupes d’enfants d’âges différents - CP, CE2-CM1 et adolescents - venant de Neuilly-sur-Marne, Le Raincy, Villemomble et Noisy le grand où s’est installée Arborescence, une école spécialisée. Pour permettre aux parents de ces enfants à haut potentiel de confronter leur vécu, le CMP organise 3 rencontres annuelles le samedi matin. 

Les 4 pas pour mieux grandir

C’est au cours de ses consultations au CMP de Noisy-le-Grand que Sabine Duflo a commencé à s’intéresser à la relation entre les pathologies de l’enfant – troubles des apprentissages, de la socialisation, difficultés attentionnelles et/ou comportementale - et leur temps d’exposition aux écrans. « Avec le pédopsychiatre Bruno Harlé qui depuis a rejoint le Vinatier à Lyon, nous nous sommes rendus compte lorsque nous interrogions les enfants sur leur vie quotidienne, qu’ils passaient un temps considérable devant la télé, une tablette ou un portable à regarder des contenus peu appropriés à leur âge. Or de nombreuses études américaines et canadiennes démontrent les effets négatifs d’une consommation trop importante et trop précoce des écrans sur le corps et le psychique : sommeil, poids, motricité, affect et cognition, tous les domaines sont touchés. Désormais, lorsque temps d’exposition est trop important, je propose dès la première consultation, quel que soit le symptôme, une gestion du temps d’écran pour l’ensemble de la famille. Préconiser une durée d’exposition différente selon l’âge de l’enfant est en effet trop compliqué à mettre en place pour les parents et aboutit finalement à une multiplication des écrans. Je propose une règle simple pour gérer le temps d’exposition : pas d’écran le matin, pas pendant les repas familiaux, pas le soir avant de s’endormir et pas dans la chambre de l’enfant. Ces « quatre pas pour mieux grandir » dégagent beaucoup de temps pour d’autres activités qui vont permettre à l’enfant de développer des compétences essentielles : communication verbale, attention volontaire, sociabilité, motricité fine… Souvent cela suffit pour observer des redémarrages dans certains domaines. Cette approche, un peu en marge à ses débuts, interpelle désormais les associations de parents d’élèves, les pouvoirs publics et même les éditeurs de logiciels de jeux pour enfants !

Expert des situations complexes de la petite enfance

« Grâce à l’impulsion donnée par le Dr Jean-Clair Bouley, ancien chef de service, il y a une quinzaine d’années, nous disposons des compétences et des équipements adaptés à la prise en charge des jeunes enfants en situation complexe. Le suivi des enfants à haut potentiel qui souffrent souvent de symptômes anxieux et de difficultés de graphisme est axé sur la relaxation et la thérapie de groupe. Pour les jeunes autistes, l’intersecteur 93 I05 dispose de 5 centres d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) à Bondy, Gagny, Montfermeil, Noisy-le-Grand, Rosny-sous-Bois, et d’un hôpital de jour de 38 places à Neuilly-sur-Marne. En revanche, les ressources sont rares pour les 8-15 ans, alors que les ados sont de plus en plus nombreux à souffrir de troubles graves du comportement » constate le Dr Menvielle.

------

[1] Le pôle infanto-juvénile 93 I05 dessert une population de 91 465 enfants de 0 à 16 ans sur 13 communes du Sud-Est du département. En 2015, il a pris en charge 3 673 enfants dont 1 473 nouveaux consultants. 

Contributions

Interviews : Dr Anne Menvielle, Sabine Duflo
Texte :  CF.com - Catherine Fressoz, VE - Jocelyne Chatron
Photos : Jorge Alvarez

Création : 07.06.2016
Mise à jour : 13.07.2016

Votre avis nous intéresse

Ajouter un commentaire

* - champ obligatoire

*




*
Pas de commentaire